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La France se prépare à une année cruciale en Afghanistan

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La France se prépare à une année cruciale en Afghanistan



"Difficile", "cruciale", "sur le fil" : les mots des militaires convergent pour dire que l'année 2011 sera une étape majeure dans la mission que mène l'armée française en Afghanistan. "Je ne suis pas venu dire que 2011 sera une année facile, elle sera exigeante", a indiqué Alain Juppé, le ministre de la défense français, samedi 25 décembre, à Kaboul, lors d'une première visite de deux jours auprès des troupes engagées dans le cadre de la Force internationale d'assistance et de sécurité de l'OTAN. Avec le président Hamid Karzaï, qu'il a rencontré dimanche, M. Juppé a évoqué les conditions pour "réussir la transition".


L'année 2011 est, en effet, la date fixée par les alliés, à Lisbonne, en novembre, pour un transfert progressif de la sécurité du pays aux forces nationales afghanes à l'horizon 2014. Une transition que de nombreux responsables politiques et militaires savent ambitieuse tant la situation, sur le terrain, semble contrastée : "Il existe des progrès incontestables mais encore de nombreuses choses à faire", a résumé le ministre français.

Dans ce cadre, la coalition se voit soumise à une forte pression : "Les Américains veulent en finir, explique un haut gradé, nous devons prouver que nous sommes efficaces." En clair : tenir son - modeste - rang d'allié, en conservant une crédibilité militaire autant qu'une autonomie de décision sur le calendrier afghan.

Outre les renforts en hommes (sur les 140 000 soldats de l'OTAN, 100 000 seront américains à la fin de cette année) et l'intensification des assassinats ciblés de chefs talibans par les forces spéciales, le général David Petreaus, commandant des forces internationales en Afghanistan, a souhaité accentuer les efforts dans tous les autres domaines, développement et gouvernance du pays compris.

Des résultats, cela signifie d'abord pour la France parvenir à transférer aux forces afghanes le district de Surobi, à l'est de Kaboul, "à la mi-2011", comme l'a confirmé M. Juppé. A l'approche d'échéances politiques nationales, "c'est une date emblématique, il ne faut pas que nos soldats soient morts pour rien", confie un officier.

Les dernières opérations françaises ont, les 17 et 18 décembre, coûté la vie à deux militaires - un commando marine et un légionnaire, portant le nombre de tués à 52 depuis 2001. En décembre, la barre des 700 pertes pour l'OTAN a été franchie. La Force internationale d'assistance et de sécurité avait dénombré 521 morts en 2009.

Les quelque 800 Français actuellement basés en Surobi seront basculés en Kapisa, l'autre région placée sous responsabilité française (mais sous commandement américain), au nord-est de la capitale. Ils viendront compléter un effectif de 2 400 hommes.

Deux questions seront tranchées par le commandement de l'OTAN : la France sera-t-elle sollicitée pour maintenir une force de réaction rapide ? Devra-t-elle continuer à fournir le soutien des troupes afghanes de Surobi ? Paris ne le souhaite pas, qui veut concentrer son effort pour engranger une deuxième "réussite", visible dès 2012.

"Le souci est de savoir si nous faisons bien notre boulot. Je crois que la réponse est oui. Nous devons être efficaces. Avoir des résultats, a précisé M. Juppé. Le dispositif sera redéployé en Kapisa où nous ferons le même travail.""Cela va être difficile, a prévenu le ministre. Il y a encore des secteurs que nous ne maîtrisons pas", mais "il n'est pas question pour la France d'augmenter son dispositif sur le terrain".

La région est un confetti à l'échelle de l'Afghanistan, mais, avancent les Français, c'est une zone-clé : pour édifier la "bulle" de sécurité autour de Kaboul, comme pour tenter de mieux contrôler les mouvements de talibans à travers la frontière toute proche avec le Pakistan

Mais en Kapisa, les résultats sont plus incertains à court terme. Pour l'heure, la présence des deux otages de France 3 dans la région complique les choses. "Ne me demandez pas un calendrier, je n'en ai pas", a répondu M. Juppé sur cette question. Sur ce sujet, l'aide du gouvernement Karzaï sera "décisive", a-t-il ajouté.

La province connaît plusieurs points de fixation dont le fond de la vallée d'Uzbin, où une embuscade avait coûté la vie à dix Français, en août 2008, et le sud de la vallée de Tagab, où combattent les talibans et des insurgés affiliés au mouvement Hezb-e-Islami de Gulbuddin Hekmatyar.

La mission des prochaines semaines sera d'achever de sécuriser la route Vermont, qui relie le Pakistan et Jalalabad, au nord du pays, en contournant Kaboul. Un axe stratégique sur lequel s'échinent les Français depuis des mois. Les opérations seront "la meilleure manière de montrer notre crédibilité", a assuré le ministre de la défense. Une nouvelle offensive a été lancée la veille de Noël dans la vallée d'Alasai.

Mais les militaires français sont aussi "des bâtisseurs", leur a dit M. Juppé. Des projets sont lancés dans la vallée de Tagab : réhabilitation d'un hôpital, reconstruction de silos à grain, installation d'une ligne électrique. La "gouvernance" de la région, point évoqué par MM. Juppé et Karzaï, pose problème : les Français ne cachent pas leur volonté de voir nommer un nouveau gouverneur.

Le principal objectif des trois années à venir - former les forces afghanes - semble conduit à marche forcée. En 2011, la FIAS compte instruire 40 000 soldats (pour passer à 171 000). Les Français, qui ont commencé à former des soldats et officiers afghans en 2002 (environ 10 % des personnels instruits par l'OTAN), ont aussi renforcé leurs centres d'instruction. Mais le taux de démission dans la jeune armée afghane s'élève à 30 %. "Ils font du bon travail. Mais le pays cherche des cadres pour tout, l'école comme l'armée, et il ne dispose pas du vivier d'hommes suffisant", explique le colonel Jean-François Vasseur, commandant l'opération Epidote (mission de formation des militaires afghans par les soldats français).

"Si les forces de la coalition nous aident au cours des trois prochaines années, nous serons prêts. Mais nous avons encore besoin de beaucoup de choses, des équipements modernes, des armes lourdes, des forces aériennes", souligne le colonel Abdhullah, qui encadre les nouveaux officiers. L'après-2014, dit un haut gradé français, "c'est encore la boule de cristal".
Nathalie Guibert (envoyée spéciale à Kaboul) Article paru dans l'édition du 28.12.10

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/12/27/la-france-se-prepare-a-une-annee-cruciale-en-afghanistan_1458022_3216.html#xtor=AL-32280184

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