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Irak, Afghanistan : Obama embourbé dans ses guerres

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Irak, Afghanistan : Obama embourbé dans ses guerres





Si vous voulez faire des cauchemars, « Obama's Wars », signé par le célèbre journaliste du Washington Post Bob Woodward, est la lecture idéale.

On y voit :

* le Président de la plus grande puissance mondiale se battre quotidiennement pour obtenir des informations un peu fiables sur la réalité de la guerre en Irak et en Afghanistan,
* des chefs militaires tous plus manipulateurs et mégalomanes les uns que les autres,
* des dirigeants plus préoccupés par leur cote de popularité que par l'issue de conflits dont la finalité n'a jamais été clairement définie,
* des réunions « confidentiel-défense » à la Maison Blanche, qui se concluent généralement sur la note du fameux leitmotiv des galonnés américains, « Whisky Tango Foxtrot », soit WTF pour « What The Fuck ? », dont la traduction sera, selon le contexte « C'est quoi, ce bordel ? » ou « Rien à cirer »…

Le Pakistan et sa « caisse de mangues explosives »

Et en toile de fond, l'« allié » indéchiffrable, celui qui joue dangereusement avec son arsenal nucléaire et son influence sur plusieurs réseaux terroristes islamistes : le Pakistan. Un pays assis sur « une caisse de mangues explosives », comme le dit joliment Mohamed Hanif dans son très beau roman dépeignant les convulsions politico-militaires de son pays.

A vrai dire, Woodward, le journaliste le mieux informé de Washington -au point que Barack Obama lui proposera en plaisantant la direction de la CIA à la fin d'une interview- ne s'est pas foulé : se servant de ses « gorges profondes » au Pentagone (ministère de la Défense), au département d'Etat (le ministère des Affaires étrangères) et à la Maison Blanche, il se contente essentiellement de rapporter une par une les réunions du cabinet de sécurité américain.

Au cours de ces réunions, depuis son accession à la présidence, Obama a tenté de redéfinir (ou même de définir enfin) les objectifs et les limites de l'engagement militaire américain en Afghanistan. Ce qui ressort de ces comptes-rendus presque littéraux, c'est que la machine militaire américaine a sa logique propre et que l'exécutif politique est le plus souvent à la merci de ses convictions, ou de ses lubies.

Depuis que la doctrine « anti-insurrectionnelle » édictée par le général David Petraeus -et mise en œuvre par son auteur en Irak- est devenue le dogme du Pentagone, toute approche un tant soit peu divergente proposée par les politiques (le vice-président Joe Biden, les ambassadeurs en poste dans la région, voire Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat que l'on voit étonnamment discrète et effacée dans ces réunions) se heurte à un mur d'hostilité ou d'indifférence.

Dans moins de deux mois, cependant, le Président Obama va devoir procéder à une réévaluation de la présence américaine en Afghanistan, et le moins que l'on puisse dire est que les perspectives d'avenir ne sont guère brillantes.

Comme Steve Coll avant lui (l'excellent journaliste du New Yorker ayant décrit dans son dernier livre les « guerres derrière les guerres » que les Etats-Unis ne cessent de mener), Bob Woodward suggère que la clé de l'imbroglio afghan se trouve au Pakistan. Il décrit un establishment pakistanais obsédé par le voisin indien, piégé par les liens que ses services secrets ont tissé avec les groupes islamistes, mais aussi conscient de la carte maîtresse que ceux-ci lui donnent dans son jeu avec Washington.

Que la majeure partie des plans terroristes aient aujourd'hui pour origine le Pakistan et non l'Afghanistan est désormais un fait connu : l'alerte actuellement déclenchée en Europe a été suscitée par des informations recueillies dans ce pays.

Terroriste pakistanais payé par les Talibans

A ce propos, le livre de Woodward n'apporte que des points d'interrogation sur l'une des pages les plus bizarres de la guerre secrète dans laquelle nous vivons depuis le 11 Septembre, la tentative d'attentat menée en plein New York en mai dernier par un ressortissant pakistanais qui avait obtenu la citoyenneté américaine en un temps record, Faisal Shahzad.

Tous les dirigeants pakistanais cités dans « Obama's Wars » se refusent à dire s'il s'agissait d'un « acte individuel » (comme le général Petraeus s'empressera de le déclarer, à la stupéfaction du propre secrétaire à la Défense) ou d'un complot organisé dont les services de renseignements pakistanais auraient forcément eu vent.

A son procès qui vient de s'ouvrir aux Etats-Unis, Shahzad s'est présenté comme un « soldat de l'islam » qui aurait reçu 15 000 dollars pour préparer son attentat, une somme versée par les Talibans… du Pakistan.

Là où l'ouvrage de Bob Woodward est particulièrement fascinant, c'est quand il met en scène le bras de fer entre la direction militaire et le Président autour du renforcement des effectifs américains en Afghanistan, une sourde et longue bataille qui aura pour stupéfiante apogée la brutale démission du commandant en chef des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, à la suite de la publication d'un portrait-interview très provocateur dans le magazine Rolling Stone en juin dernier.

Au cours des mois pendant lesquels Obama a vainement essayé d'obtenir des précisions auprès des galonnés quant au nombre exact de troupes requises et à la nature de la mission qui leur sera confiée, le général, une caricature de l'Américain cowboy qui regarde de haut le monde entier (« Paris, la ville la plus “ non-McChrystal ” au monde », dira-t-il dans ce papier retentissant), sera l'un des principaux acteurs de la résistance militaire aux demandes de clarification venues de la Maison Blanche.

Mais c'était aussi, jusqu'à son départ précipité par les propos très critiques envers la présidence et le département d'Etat qu'il allait tenir, le dignitaire américain ayant le meilleur accès au président afghan, Hamid Karzaï.

A la fin du livre de Woodward, les orientations de l'intervention américaine en Afghanistan restent aussi confuses qu'elles le sont depuis le début. « On ne peut pas se permettre de perdre » demeure la philosophie de base à Washington, mais les questions s'accumulent :

* les Talibans ont-ils renforcé leur position dans le pays ou non ?
* Les tentatives d'entraîner le Pakistan dans la lutte contre l'insurrection afghane ont-elles réellement progressé ?
* La solidité d'un régime afghan représentatif de la population est-elle une perspective concrète ou une chimère ?
* Même le principe d'un début de retrait des troupes américaines en juillet 2011, pourtant explicitement réclamé par Barack Obama et apparemment adopté par le cabinet de sécurité, reste entouré de brouillard. « Quel retrait ? », répond le secrétaire à la Défense Robert Gates, sibyllin.

Réaction « surréaliste » aux « war games »

Et pendant ce temps, la direction américaine se livre à des « war games », des simulations destinées à tester la réactivité de l'administration et du public en cas d'extension dramatique du conflit. L'une d'elles, décrite par le menu dans le livre de Woodward, envisage qu'un groupe terroriste armé de deux bombes atomiques attaque une ville américaine, en l'occurrence Indianapolis.

La capacité de réaction des différents organismes concernés ? « Surréaliste », tel sera le qualificatif employé par l'un des coordonnateurs de cet exercice.

Les mangues explosives n'ont pas fini de nous donner des cauchemars.

Illustration : la couverture d'« Obama's Wars » de Bob Woodward

http://www.rue89.com/cohen/2010/10/06/irak-afghanistan-obama-embourbe-dans-ses-guerres-169757

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